Comment ça fonctionne
Comment un vol de drone devient une donnée probante sur les feux
Tout le système, au niveau de détail dont ont besoin un chef des pompiers, un conseiller municipal ou un journaliste — et la limite d’autorité rappelée à chaque étape où elle compte.
- Où regarder. La plateforme classe les endroits selon ce qu’une observation permettrait réellement de trancher — la probabilité d’un allumage, l’incertitude du portrait actuel, ce qui se trouve sous le vent et le temps écoulé depuis la dernière observation.
- Une personne décide. Le classement est une suggestion présentée à une personne nommée. Ce n’est jamais une instruction donnée à un aéronef, et aucune configuration de ce système n’en fait une.
- L’aéronef de l’organisme vole. Sous la responsabilité des pilotes de l’organisme, selon ses procédures et ses autorisations aéronautiques, avec le drone qu’il exploite déjà.
- Ce qui est revenu. Les images arrivent avec le dossier de leur prise — où, quand, par quel capteur, dans quel système de coordonnées, étalonnées ou non. Tout ce qui ne peut pas le dire est retenu plutôt que pris en compte.
- Ce que l’on sait désormais. Les nouvelles données probantes sont pondérées avec les observations satellitaires, de foudre et au sol, et le classement de l’étape 1 change. La boucle se resserre.
Étape 1 · Décider où un vol en vaut la peine
C’est la partie difficile, et celle que la plupart des logiciels de drones sautent. Un drone a peut-être quarante minutes d’autonomie et peut examiner de près une petite zone. Choisir laquelle est une question d’incertitude, pas de savoir où se trouve le feu : il ne sert pas à grand-chose de voler là où la réponse est déjà connue.
Le classement combine cinq éléments, chacun mesurable :
- la probabilité d’un allumage à cet endroit, compte tenu du combustible, de la météo et de la cause;
- le degré d’incertitude du portrait actuel — une détection appuyée par une seule source faible mérite plus d’attention qu’une détection appuyée par quatre;
- ce qui se trouve sous le vent : une cellule au-dessus d’une collectivité, d’une prise d’eau ou d’un corridor de transport d’électricité n’équivaut pas à une cellule au-dessus de la roche nue;
- le temps écoulé depuis que quoi que ce soit a regardé; et
- si quoi que ce soit aurait pu regarder — un passage de satellite sous une épaisse couverture nuageuse n’est pas une observation, et c’est en le traitant comme tel qu’un système se convainc d’une fausse assurance.
C’est ce dernier point que nous tenons le plus à bien faire. « Nous n’avons rien vu » et « nous ne pouvions pas voir » sont deux affirmations différentes, et un système qui les confond finira par rassurer quelqu’un au sujet d’un endroit qu’il n’a jamais observé.
Étape 2 · Une personne décide
Le classement est une suggestion, pas une instruction. Il est présenté à une personne nommée qui décide s’il faut voler. Il n’existe aucun réglage, aucune permission, aucun rôle ni aucune version future dans lesquels cette plateforme donne un ordre à un aéronef. L’interface n’a aucune méthode pour cela — elle n’est pas désactivée, elle est absente.
L’autorité aéronautique appartient à l’organisme qui exploite l’aéronef et à l’organisme de réglementation compétent : Transports Canada, en vertu des articles 601.15 à 601.17 du RAC, au Canada, et la FAA aux États-Unis. Rien de ce qui est construit ici ne remplace une autorisation, et aucun résultat de cette plateforme ne devrait jamais être lu comme tel.
Étape 3 · Le vol
Il est effectué par les propres pilotes de l’organisme, selon leurs propres procédures, avec les drones qu’ils possèdent déjà. Notre contribution est une proposition de trajet et de mission dans une forme que leur aéronef comprend, et les vérifications qui la précèdent : géométrie du trajet, horaire, enveloppe d’altitude, météo, restrictions de l’espace aérien, réserve de batterie et approbation de l’exploitant, chacune évaluée séparément pour qu’un échec indique sa propre raison.
La réponse la plus permissive que ces vérifications puissent produire est « prêt pour la décision d’une personne ». Il n’existe aucun état « autorisé à voler », parce que ce n’est pas à nous de le donner.

Étape 4 · Ce qui est revenu, et ce que cela vaut
Une photo seule n’est pas une donnée probante. Ce qui en fait une, c’est le dossier qui l’accompagne : où se trouvait l’aéronef et avec quelle précision il le savait, quand chaque image a été prise et selon quelle horloge, quel capteur et quelle configuration l’ont produite, dans quel système de coordonnées et quel référentiel vertical, et — pour l’imagerie thermique — si le capteur était étalonné, et par rapport à quoi.
Tout ce qui ne peut pas indiquer ces éléments est mis en quarantaine plutôt que noté. Un produit thermique non étalonné ressemble exactement à un produit étalonné à l’écran, et une température lue sur le premier est un nombre sans signification. Le refuser n’est pas de la prudence; c’est la différence entre une mesure et une image.
Étape 5 · Ce qui change en conséquence
Les nouvelles observations sont pondérées avec les détections satellitaires, les données sur la foudre et les signalements au sol. L’accord entre des sources qui partagent un mode de défaillance vaut moins que l’accord entre des sources qui n’en partagent pas — deux satellites trompés par la même source de chaleur industrielle ne constituent pas deux données probantes. La confiance évolue, le classement de l’étape 1 change, et la décision suivante part d’un meilleur portrait.
Ce qui n’est pas encore construit
Deux liaisons du schéma ci-dessus sont en pointillé. Le passage du classement à une proposition de mission, et le chemin de retour qui transforme l’imagerie recueillie en données probantes pour la plateforme, sont spécifiés et révisés, mais pas mis en œuvre. Aujourd’hui, le sous-système de drones et l’ensemble de la plateforme sont deux systèmes fonctionnels qui ne communiquent pas encore entre eux.